« Atelier de Babou, stage sur le point toile : voici, en bref, l’intitulé qui va nous activer à l’aube de l’été.
C’est d’abord le samedi : des cartes routières, des fils invisibles tissés depuis longtemps des unes aux autres nous mènent Rue des Douves, à Bordeaux, entre rideaux, portes légères et passiflore, teintes éphémères.
Chacune, ou presque, (je suis nouvelle et peu « armée » d’un seul petit métier, bien bien léger ) a préparé sa belle armure, ses fils de trame, venus, pleins d’âme, du Périgord, de la Charente, de Bordeaux Nord, de Mac-adam !Chacune reconnaîtra là ses outils venus des quatre coins de Faire et Fil, de ces rencontres en nœud gordien...bien arrimées à nos métiers.
Le samedi c’est Isabelle qui nous pilote, sans hésiter entre métiers, matières, touchers, techniques et mille pistes inter-ethniques. Un grand Rachid, main sur le cœur, ouvre pour nous, un coin de page mozabite. Les idées fusent et elles s’égarent et vagabondent au fil des questions, des découvertes qui rebondissent et nous inondent.
Voici tout expliqués : point toile tout simple, reps, cannelé, natté, premiers essais et tant d’effets ! Simple chaîne, double chaîne, photographiées, filmées. Le geste visualisé, étudié, décomposé, répété, sera, plus tard, « blogolisé » ! Samedi est chaud, voici l’été !
Et puis dimanche, toutes nos pistes et nos demandes trop hors sujet retrouvent, au frais, la vraie « cheftaine », une Isabelle, regard serré et : « au boulot ! ». Il faut maintenant, au métronome et au programme se conformer.Et c’est le jour du point noué en p’tits tapis, pour les souris.
C’est à la loupe que nous voyons chaque structure : échantillons. On fouille, on creuse, on note, « on ne papillonne plus, Mesdemoiselles, on échantillonne !...et ça donne !...de beaux bouts de tissus endroits, envers, tassés, aérés, modulés au gré de chaque fée.
Les neurones ont atteint leur lisière, les « oies » sont gavées de richesses tisserandesques et chacune s’envole, accrochée à un fil qui s’étire et chuchote pour nous dire :la chaîne a ses raisons que notre trame ignore ! »

« Le but du stage est d’appréhender la richesse infinie des possibilités de création avec le point de toile, première des trois armures fondamentales du tissage.
- 1 métiers montés avec 4 couleurs, 4 fils par couleur
- 1 métier monté avec 2 couleurs en alternance : 1 couleur sur les lames paires/ 1 couleur sur les lames impaires.
- 1 métier monté avec un coton à tapisserie écru.
- 1 métier monté avec une chaîne unie en laine, pour ne s’occuper que de la structure même. Malheureusement nous avons eu un problème technique nous n’avons pas pu expérimenter ce montage.
Chaque stagiaire a pu tisser sur tous les métiers et ainsi réaliser des tissages très différents : toile, reps, cannelé, natté, jeu de point par la couleur, point et nœuds de base pour tapis, tissage double face 2 chaînes/1 trame , 2 chaînes/2 trames, tubulaire.
Le stage s’est déroulé dans une ambiance très conviviale, avec quelques visiteurs chargés d’histoire de leurs pays, ou en questionnement face aux métiers à tisser et à notre activité.
Assez denses, ces deux journées ont été riches de découverte et d’échange.
Stagiaires présentes : Pauline Lairat, Anne Fénié, Patricia Constantin, Josiane Dumont, Paulette Nouhaud."











Le week end dernier a vu se tenir à Saint Geniès (24) un Tiss’Amical sous les couleurs du Guatemala. Gerty, Josiane et Michèle nous ont contés leurs aventures et découvertes dans ce pays d’Amérique centrale où le tissage est très présent. Gerty y est allée en 1995 pendant la guerre civile, Josiane et Michéle, respectivement en décembre 2007 et janvier 2008.
Une seule route goudronnée traverse le pays d’Est en Ouest ce qui encourage l’analphabétisation (beaucoup d’isolement). Les familles sont souvent composées de 10 à 12 enfants. Le matin, les femmes préparent les tortillas à base de farine de maïs (base de leur alimentation) puis elles s’attèlent à leur métier sous la bienveillance d’ Ixchel, déesse de la lune et du tissage.
Les métiers sont très rudimentaires, elles font des Ikat, tissages par brochage, ainsi que des broderies. Le vêtement traditionnel féminin est coloré, aux motifs spécifiques à chaque village, il se compose d’une blouse (le huipil), d’une jupe (la corte), tenues par une ceinture également tissée. Les femmes portent également sur l’épaule un Tzute, piéce de tissu pouvant avoir plusieurs utilités (baluchon…).
La journée s’est clôturée par un tour de table pour présenter notre travail textile des derniers mois.
L’après midi repart de plus belle avec l’apprentissage du changement de fils de couleur et nous voilà à « tricoter » de nos doigts de belles rayures. Exercice suivant, ça se corse, les méninges sont à fond pour nous faire réussir un beau motif flammé.
Toutes mes erreurs de la journée me font comprendre le potentiel créatif de cette technique et je sens dès mon retour (sous la pluie) que je vais m’approprier cette technique très rapidement ! D’ailleurs, j’ai tissé deux nouvelles bandes en mélangeant des matières différentes pour continuer à tester la technique, apprivoiser mes envies et mes doigts biensur!

